June 2019

Mohcine Belabbas, secrétaire général du RCD, le 1er juin à Alger. © Louiza Ammi pour JA

Le secrétaire général du RCD, Mohcine Belabbas, dénonce la mainmise du chef d’état-major de l’armée sur la vie politique. Et détaille sa feuille de route pour une transition démocratique pacifique.

À la tête du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), l’un des principaux partis d’opposition en Algérie, Mohcine Belabbas n’est pas tendre avec le chef d’état-major de l’armée – et nouvel homme fort du pays depuis la démission d’Abdelaziz Bouteflika – , qu’il a appelé à prendre sa retraite. Dans l’entretien qu’il nous a accordé, il évoque le mouvement de contestation populaire, la présidentielle annulée du 4 juillet, ainsi que les principaux points de sa feuille de route pour la transition.

Jeune Afrique : Plus de trois mois après le début du mouvement de contestation populaire, quel bilan en tirez-vous ?

Mohcine Belabbas : Le mouvement est parvenu à faire tomber le régime d’Abdelaziz Bouteflika. La revendication principale, le changement de système politique, n’a en revanche pas encore été satisfaite. Il faut reconnaître cependant que le mouvement a libéré les initiatives et souligné l’intérêt grandissant de notre jeunesse pour la chose publique. On le voit à travers diverses activités organisées partout sur le territoire. Les jeunes produisent désormais un discours politique.

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Agathon Rwasa, le leader du Congrès national pour la liberté (CNL), à son retour au Burundi en 2008 après vingt ans d'exil. © ERIC MANIRAKIZA/AP/SIPA

Dans un rapport publié le 12 juin, l'ONG Human Rights Watch s'alarme des violences perpétrées à l'encontre des membres du parti d'opposition d'Agathon Rwasa, le Congrès national pour la liberté (CNL). Alors que le dialogue sous l'égide de l'EAC n'a pas permis une sortie de crise en plusieurs années de médiation, le Conseil de sécurité de l'ONU doit aborder la question le 14 juin.

« Les autorités du Burundi et des jeunes affiliés au parti au pouvoir ont battu, arrêté arbitrairement, fait disparaître et tué des dizaines d’opposants politiques réels ou supposés », assène d’entrée le rapport de Human Rights Watch. Pour l’ONG, ce cycle de violence s’inscrit dans la continuité de la campagne d’intimidation qui avait précédé le référendum constitutionnel du 17 mai et que HRW avait déjà dénoncé. « Les abus semblent avoir augmenté depuis l’accréditation d’un nouveau parti d’opposition en février », poursuit le rapport qui attribue notamment ces violences aux autorités locales et aux Imbonerakure, ligue des jeunes du parti au pouvoir, le CNDD-FDD, et accusé par l’ONU de lui servir de « milice ».

Agathon Rwasa, le principal opposant de Pierre Nkurunziza encore dans le pays, a obtenu, le 14 février, l’agrément de son nouveau parti par le ministère de l’Intérieur burundais, après plusieurs mois de bras de fer. Le Congrès national pour la liberté (CNL), sa nouvelle formation, vient remplacer Amizero y’Abarundi, interdite par la nouvelle Constitution qui proscrit les coalitions d’indépendants.

Un « rapport biaisé »

Human Rights Watch explique avoir mené au cours des quatre derniers mois des entretiens téléphoniques avec 33 victimes, proches de victimes et témoins, dans les provinces de Bubanza, Cibitoke, Gitega, Karuzi, Kirundo, Muramvya, Muyinga, Ngozi et Rumonge, ainsi qu’à Bujumbura. Ses chercheurs ont également échangé avec 30 réfugiés ayant quitté le Burundi suite au référendum de mai 2018.

Selon le rapport, « au moins 24 membres du CNL réels ou supposés » ont été arrêtés depuis l’enregistrement du parti. Contacté, la présidence a contesté les propos tenus dans le rapport. Le porte-parole de la présidence, Jean-Claude Ndenzako Karerwa, accuse l’ONG de ne dire « du bien que de ceux qui la sponsorisent » et dénonce un « rapport biaisé ».

Dialogue au point mort

Le rapport intervient alors que le Conseil de sécurité de l’ONU est censé aborder la question de la situation au Burundi le vendredi 14 juin. Le briefing de l’envoyé spécial onusien au Burundi, Michel Kafando, initialement prévu le 28 mai, avait finalement été reporté à la dernière minute. Cette réunion de l’ONU s’inscrit également dans un contexte d’une médiation au point mort, initiée par l’East African Community (EAC) en 2015, après la crise et les violences électorales. Le facilitateur Benjamin Mkapa a renoncé en novembre à poursuivre sa mission après un ultime round de discussions boycotté par les autorités.

À un an de l’élection présidentielle, prévue pour 2020, l’EAC a néanmoins décidé, lors du dernier sommet du bloc régional en février, de garder la main sur la médiation. Le président ougandais Yoweri Museveni, le tanzanien John Magufuli et le kényan Uhuru Kenyatta ont été désignés pour continuer les consultations avec le président Pierre Nkurunziza et tenter de relancer le dialogue.

Agathon Rwasa n’a pas dit s’il se présenterait au scrutin de l’an prochain. Pierre Nkurunziza, lui, bien qu’autorisé par la nouvelle Constitution à briguer deux nouveaux mandats à partir de 2020, a promis, le jour de la promulgation de la Constitution, de ne pas se représenter.


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Boubou Cissé, le premier ministre malien (au centre), prie sur les tombes des victimes de la tuerie de Sobane, lors d'une visite sur place le 11 juin 2019. © DR / Primature du Mali

Un nouveau bilan a été dressé de la tuerie de dimanche dans un village dogon du cercle de Sangha, dans le centre du Mali. Initialement estimé à une centaine de décès, il s'établit cependant à 35 morts, dont 24 enfants, selon le gouvernement. Six personnes ont par ailleurs été interpellées.

Le gouvernement avait annoncé lundi un « bilan provisoire » de 95 morts et 19 disparus, à la suite d’une mission dans le village de Sobane Da, de militaires du poste de Diankabou, à 17 km, accompagnés par le maire de la commune rurale de Sangha, dont dépend ce village majoritairement chrétien. Dès lundi soir, ce bilan initial avait été remis en question par le gouverneur de la région de Mopti, qui s’était rendu sur les lieux avec une équipe de la protection civile, et avait annoncé un bilan de « 11 adultes et 24 enfants » tués, tous inhumés le jour même. Il avait alors attribué l’écart entre les deux bilans à des extrapolations de villageois à partir du nombre de membres de chaque famille, en présumant que tous avaient péri.


>>> À LIRE – Mali : dans le cercle de Koro, ces « villages frères » peuls et dogons qui se font la guerre


35 personnes tuées, dont 24 enfants

À la suite d’une mission des enquêteurs sur les lieux mardi 11 juin, le même jour que le déplacement sur place du Premier ministre Boubou Cissé, « le nombre de personnes tuées a été ramené de 95 à 35 (11 adultes et 24 enfants) », a précisé le gouvernement dans son communiqué. « Ce nombre résulte d’un décompte minutieux effectué par une équipe constituée d’éléments de la protection civile, de médecins légistes, du procureur général de Mopti », selon le texte.

Par ailleurs, six personnes « ont été interpellées suite à des contrôles de routine », dont deux par la Mission de l’ONU au Mali (Minusma), a indiqué le gouvernement, sans autre précision, affirmant par ailleurs avoir « mis en route une batterie de mesures pour poursuivre, arrêter et traduire devant les juridictions compétentes les auteurs de cet acte ignoble ».

Pour expliquer le bilan précédent de 95 morts, le gouvernement indique que le chef du village de Sobane « a témoigné que cela correspondait aux morts et disparus combinés. Il ressort des premières investigations menées sur le terrain qu’une centaine de femmes se seraient aussi réfugiées dans le village de Koundo ».

Le gouvernement exhorte les habitants « à ne pas tomber dans le piège de l’amalgame et de la vindicte », en allusion à de possibles représailles. Plusieurs habitants du village ont imputé l’attaque, qui n’a pas été revendiquée, à des Peuls venus de localités voisines et soupçonnés d’appartenir à des groupes jihadistes.

Ces victimes de l’horreur et de la barbarie nous rappellent la responsabilité qui nous incombe, en tant que dirigeants

« Toutes ces victimes de l’horreur et de la barbarie nous rappellent la responsabilité qui nous incombe, en tant que dirigeants, de renforcer et d’accélérer les efforts sécuritaires, économiques et politiques entrepris en faveur de la paix et de la réconciliation », a de son côté déclaré le Premier ministre en marge de sa visite à Sobane Da.

Dans un communiqué publié dans les heures ayant suivi l’annonce de l’attaque, lundi 10 juin, Mahamat Saleh Annadif, représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies au Mali, avait insisté sur le fait que « ce drame nous rappelle également et malheureusement que dans cette spirale de la violence, il n’y a pas les méchants d’un côté et les gentils de l’autre. Tout le monde est responsable ». Le représentant onusien, après avoir enjoint à « un sursaut national », avait par ailleurs assuré que « la Minusma prendra toute sa part de responsabilité ».

Evolution du nombre de personnes tuées dans la région de Mopti et des causes des décès, établi par L’intitut Armed Conflict Location & Event Data Project. t. © DR / ACLED / https://www.acleddata.com/2019/06/06/democracy-delayed-parliamentary-elections-and-insecurity-in-mali/


>>> À LIRE – Mali : accusé du pire, le chef de milice Youssouf Toloba ne désarme pas


Le président Ibrahim Boubacar Keïta avait de son côté pris la parole à la télévision nationale, lundi soir, pour dénoncer un « carnage » et appeler à des « retrouvailles » entre Maliens, « qui seules vont nous permettre de rebondir et permettre à notre nation de survivre. Car nous sommes en question de survie. »

Depuis l’apparition en 2015 dans le centre du Mali du groupe jihadiste du prédicateur Amadou Koufa, recrutant prioritairement parmi les Peuls, traditionnellement éleveurs, les affrontements se multiplient entre cette communauté et les ethnies bambara et dogon, pratiquant essentiellement l’agriculture, qui ont créé des « groupes d’autodéfense ». Ces violences ont culminé le 23 mars avec le massacre à Ogossagou, près de la frontière burkinabè, de quelque 160 villageois peuls, attribué à des chasseurs dogons.


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Gérard Larcher, le président du Sénat français. © Vincent FOURNIER/Jeune Afrique

La France accueille, du 13 au 15 juin, une réunion de représentants de sénats européens et africains. Alors que certains pays du continent créent des chambres hautes, mais que d'autres les suppriment, le président du Sénat français, Gérard Larcher (Les Républicains), défend l'intérêt de ces institutions.

Jeune Afrique : Vous accueillez, du 13 au 15 juin, la XXe réunion des Sénats d’Europe à laquelle, pour la première fois, sont conviés les dirigeants de chambres hautes africaines. Qui sera présent et de quoi allez-vous parler ?

Gérard Larcher : Notre association réunit les Sénats de pays européens, membres ou non de l’Union européenne. Les chambres russe, helvétique et de Bosnie-Herzégovine en font partie. Quant à cette idée d’inviter nos collègues africains, elle est partie de trois pays : la France, l’Allemagne et la Pologne. Ce qu’on appelle « le triangle de Weimar ». Nous avons eu beaucoup de discussions, entre Européens, sur la question migratoire et nous avons pensé qu’inviter les deuxièmes chambres africaines pouvait être utile.

Les membres de l’association à qui nous avons soumis l’idée ont été enthousiastes. Nous comptons sur la présence du Maroc, de l’Algérie, du Cameroun, de la Côte d’Ivoire, du Gabon, du Congo-Brazzaville, du Kenya et du Nigeria. Nous attendons encore la réponse de la Namibie, qui a été invitée par nos collègues allemands.

Vous évoquez les migrations, mais ce n’est sans doute pas le seul sujet prévu ?

Naturellement pas. Les défis qui se présentent à l’Afrique et qui nous concernent aussi sont nombreux. Éducation, protection de l’environnement… Les migrations sont un sujet parmi d’autres mais il est important : tous ces jeunes qui s’en vont, qui souvent sont des gens formés, vont manquer au continent. Mais nous allons aussi parler d’intégration régionale. Et bien sûr, de bicamérisme.

Nous avons eu beaucoup de discussions avec la Côte d’Ivoire pour définir ce qu’est une deuxième chambre, à quoi elle sert

Parler de bicamérisme, c’est-à-dire ?

Comme président du Sénat dans un pays où le bicamérisme est une tradition démocratique bien ancrée – les deux seules périodes où il n’y a pas eu de deuxième chambre en France, c’est la Terreur et 1848 – , je reçois beaucoup de questions concernant la création d’une chambre haute.

Pour prendre un exemple récent, nous avons eu beaucoup de discussions avec la Côte d’Ivoire pour définir ce qu’est une deuxième chambre, à quoi elle sert. L’idée n’est pas, pour la France, de donner de leçons de parlementarisme. Mais nous avons une vraie compétence, une ingénierie, qui peut intéresser un pays voulant créer une deuxième chambre. Nous avons joué ce rôle auprès du Maroc, de la Côte d’Ivoire… J’ai aussi eu l’occasion de dire au président malien et au président irakien, qui s’interrogent, que nous étions à leur disposition.


>>> À LIRE – La création du Sénat, une exception ivoirienne ou une tendance africaine ?


Eh bien justement, posons la question : à quoi sert un Sénat ?

C’est un triptyque : sagesse, territoires, stabilisation. En général les Sénats représentent les territoires, ils ont un rôle modérateur parce qu’ils sont moins directement soumis que les chambres basses aux questions de soutien ou d’opposition au gouvernement, et en général ils sont plus tournés vers l’avenir et la réflexion. En ce moment par exemple, la presse a tendance à me présenter comme l’alter ego du président de la République mais ce n’est pas le cas : le Sénat a soutenu un certain nombre de ses réformes, il n’y a pas de position pour ou contre a priori. Nous sommes des balanciers stabilisateurs. En Italie par exemple, le Sénat est la seule instance qui n’est pas dirigée, aujourd’hui, par un parti populiste. C’est très important.

L’argument de leur coût est fallacieux. En France, le budget du Sénat représente le millième du budget global de fonctionnement de la démocratie

La question de l’utilité des Sénats se pose tout de même, parfois, et certains pays les ont supprimés au prétexte qu’ils étaient, disait-on, chers et inutiles…

C’est vrai, l’existence des deuxièmes chambres fait souvent question, on se demande ce qu’elles apportent. Mais l’argument de leur coût est fallacieux. En France, le budget du Sénat représente le millième du budget global de fonctionnement de la démocratie.

La France semble tout de même s’interroger, puisque le projet de révision constitutionnelle attendu pour juillet prévoit de baisser le nombre de parlementaires.

Oui, et nous attendons la nouvelle version de ce texte car c’est un sujet important. Il y a toujours, au sein de l’exécutif, une volonté de contrôler les pouvoirs des assemblées. Je ne suis pas pessimiste, mais nous serons attentifs à ce que les droits du Parlement soient respectés et à ce que la représentation des territoires soit maintenue. Nous sommes une assemblée territoriale, et c’est le cas de beaucoup de deuxièmes chambres à travers le monde.

Au nom de l’efficacité, le gouvernement veut réduire le nombre de parlementaires, mais de notre côté nous veillerons à ce que chaque territoire ait au moins un député et un sénateur. Nous verrons bien ce que prévoit le projet, mais dans notre esprit le nombre de scalps qu’il faudra rendre ne doit pas être antagoniste avec cette exigence de représentativité. Et je le dis clairement : avec les 240 sénateurs que prévoyait la première version, il n’était plus possible de représenter tous les territoires.

 L’Afrique, ce n’est pas qu’une addition de crises

Cette question de la représentation territoriale est-elle transposable à l’Afrique ?

J’en suis convaincu ! Regardez le Mali : ne pensez-vous pas que s’il y avait là-bas une assemblée des territoires, on ferait l’économie des conflits Nord-Sud ? J’avais rédigé avec Jean-Pierre Chevènement, avant même le début de l’opération Serval, un rapport dans lequel nous écrivions que le nord du pays avait le sentiment de ne pas exister. Il faut des lieux de dialogue et un Sénat en est un. Je pourrais aussi vous parler du Sénégal, où je m’étais rendu lorsque j’étais jeune vétérinaire et où on voyait, déjà, les tensions entre agriculteurs et éleveurs nomades.

Dans certains pays, une partie des sénateurs sont désignés par le chef de l’État, ce qui suscite des critiques…

Mais cela a existé en France aussi ! Nous avons eu notre Chambre des pairs [créée en 1814, ndlr]. Aujourd’hui, bien sûr, ce serait inenvisageable chez nous mais il ne faut pas oublier d’où nous venons. Il faut regarder ce processus à l’aune du temps, tous les pays n’en sont pas au même stade en termes de construction de leur démocratie et de leur communauté nationale.

Tous mes homologues européens ont le sentiment que notre continent a une communauté de destin avec l’Afrique

Les autres dirigeants de Sénats européens partagent-ils votre intérêt et votre enthousiasme pour les questions africaines ?

C’est ça qui est intéressant dans la rencontre que nous organisons : les pays européens ont des relations et une histoire commune très diverses avec l’Afrique, et le dialogue passe souvent par quelques pays, comme la France, qui ont une proximité historique avec le continent. Lors de notre manifestation des 13 et 15 juin, nos collègues sont nombreux à vouloir organiser des réunions bilatérales avec les représentants africains. C’est d’ailleurs assez compliqué en termes d’agenda… Ce que je constate en tout cas c’est que tous mes homologues européens ont le sentiment que notre continent a une communauté de destin avec l’Afrique. Et qu’on a souvent une vision trop pessimiste : l’Afrique, ce n’est pas qu’une addition de crises.

Sur quoi peut déboucher une réunion comme celle que vous allez accueillir ?

Il y a dans l’air l’idée de créer une association des Sénats africains, qui bien sûr ne se substituerait pas à l’union interparlementaire. Plus immédiatement, il y a la volonté de renforcer les partenariats et de mieux se connaître. En cette période où on a parfois l’impression de vivre la fin du multilatéralisme, nous affirmons au contraire qu’il a un sens. Et puis il ne faut pas oublier que nous fêtons cette année le 75e anniversaire du Débarquement en Normandie. Je n’oublie pas le nombre d’Africains qui sont venus libérer la France. Quand je dis ça, je ne suis pas du tout dans la repentance. Mais je pense que nous sommes en dette.

Difficile de ne pas évoquer la politique française. Au lendemain des élections européennes vous avez appelé au départ du patron de votre parti, Laurent Wauquiez. Il a jeté l’éponge, que va-t-il se passer maintenant ?

D’abord je veux dire qu’il a pris ses responsabilités et que, dans un mouvement comme le nôtre qui est en partie issu du gaullisme, c’est une attitude que je respecte. Maintenant, la question c’est de savoir s’il y a un espace entre le président de la République et Mme Le Pen. Je souhaite que ce soit le cas, à droite comme à gauche. Méfions-nous, à quelques encablures des prochaines élections dans trois ans.


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Laurent Gbagbo, le 15 janvier 2019 à la CPI. © ICC-CPI

Acquittés, Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé ne sont pas tout à fait libres. Jusqu'aux conclusions finales des juges de la Cour pénale internationale (CPI), ils ne doivent pas s'éloigner trop loin du siège de la juridiction à La Haye (Pays-Bas).

Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé se sont vu imposer des conditions en attendant que le procureur décide s’il fera appel ou non. Le parquet doit pour cela attendre les conclusions écrites des juges, qui pourraient ne pas être rendues avant septembre.

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Abiy Ahmed lors de son arrivée à Khartoum vendredi 7 mai, pour initier un processus de médiation entre l'armée et l'opposition soudanaise. © AP/SIPA

Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a appelé vendredi à Khartoum à une transition démocratique « rapide » au Soudan, accentuant la pression internationale sur les militaires au pouvoir, après la violente répression du mouvement de contestation.

« L’armée, le peuple et les forces politiques doivent faire preuve de courage et de responsabilité en prenant des actions rapides vers une période de transition démocratique et consensuelle dans le pays », a déclaré Abiy Ahmed, dans un communiqué diffusé à l’issue de sa visite à Khartoum, vendredi.

Arrivé dans la matinée, le Premier ministre éthiopien a rencontré le chef du Conseil militaire au pouvoir, le général Abdel Fattah al-Burhane, et plusieurs chefs de la contestation. « L’armée doit protéger la sécurité du pays et de son peuple, et les forces politiques doivent réfléchir à l’avenir du pays », a-t-il affirmé.

L’Éthiopie et le Soudan partagent une longue frontière, et des analystes estiment que la stabilité de chaque côté est une préoccupation commune.

Négociations nationales suspendues depuis le 20 mai

La veille, l‘Union africaine (UA) avait suspendu le Soudan « jusqu’à l’établissement effectif d’une autorité civile de transition ». Les négociations entre les militaires et la contestation ont été suspendues le 20 mai, chaque camp refusant de céder à l’autre la direction de la transition post-Béchir, censée durer trois ans. L’ex-président a été renversé par l’armée le 11 avril, à la faveur d’un soulèvement populaire inédit déclenché en décembre. Après sa destitution, la contestation s’est poursuivie pour exiger le départ des militaires au pouvoir.


>>> À LIRE – Soudan : le bilan de la répression sanglante de la contestation s’alourdit


Lundi 3 juin, la dispersion brutale par les forces de sécurité d’un sit-in de manifestants qui se tenait depuis le 6 avril devant le siège de l’armée à Khartoum, qualifiée de « massacre » par la contestation, a installé un climat de peur dans la capitale soudanaise. Des médecins proches des manifestants ont dénombré 113 morts depuis le début de la répression, principalement à l’endroit du sit-in. Le gouvernement a démenti ces chiffres, évoquant un bilan de 61 tués. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a comptabilisé 784 personnes blessées dans des hôpitaux de Khartoum depuis la dispersion de lundi, précisant dans un communiqué que « le nombre réel (…) pourrait être plus élevé ».

Des rues désertes et une situation de « terreur »

Le Conseil militaire est « ouvert aux négociations » pour parvenir à une solution « à n’importe quel moment », a dit un responsable du ministère des Affaires étrangères, Hassan Ahmed, devant la presse. L’Alliance pour la liberté et le changement (ALC), fer de lance de la contestation, a également déclaré « accepter » cette médiation tout en opposant « plusieurs conditions » à un retour à la table des négociations.

Devant la presse, Omar al-Digeir, l’un des leaders de l’opposition, a réclamé la « reconnaissance » par le pouvoir des violences pendant l’évacuation du sit-in, l’établissement d’une « commission d’enquête internationale » et la « libération des personnes arrêtées ». Il a également exigé le respect des « libertés publiques », la fin du « blocage d’internet » et le « retrait » de la présence militaire à Khartoum et à travers le pays.

Comme depuis le début de la semaine, les rues de Khartoum étaient presque désertes vendredi, des habitants décrivant une situation de « terreur » avec la présence de paramilitaires des Forces de soutien rapide (RSF), accusés d’être les principaux auteurs de la répression en cours depuis lundi.


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Omar Bongo Ondimba, le 9 décembre 2007 lors du sommet UE-Afrique à Lisbonne. © Paulo Duarte/AP/SIPA

Alors que Libreville se prépare à commémorer les dix ans de la mort d'Omar Bongo Ondimba, samedi 8 juin, retour sur les derniers jours de l'ancien président gabonais, pendant lesquels le pays est resté comme suspendu, entre rumeurs et luttes dans les coulisses du pouvoir.

Un halo de mystère entoure encore la fin de vie d’Omar Bongo Ondimba (OBO). Les jours périlleux pendant lesquels sa succession à la tête de l’État s’est jouée n’ont pas non plus livré tous leurs secrets. Le président avait vraisemblablement éprouvé un choc le 23 mars 2009 à l’inhumation de son épouse Edith Lucie, décédée quelques jours plus tôt à Rabat au Maroc.

La santé du président allant de mal en pis, décision est prise de l’évacuer vers un centre spécialisé dans le traitement du cancer. Mais quand l’avion médicalisé décolle de Libreville le 6 mai, il met le cap vers Barcelone en Espagne.

Mais pourquoi Barcelone ? Officieusement, OBO boudait la France : « La dernière année d’Omar avait été un festival d’attaques dans la presse française de droite, notamment le Figaro. Nos sources indiquaient que cela se faisait avec l’accord du président Sarkozy », confie un ancien du Palais. « Nous étions convaincus que le président ne serait pas en sécurité en France. »

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Le président gabonais Ali Bongo Ondimba au sommet Union africaine-Union européenne le 29 novembre 2017 à Abidjan, en Côte d'Ivoire. © Diomande Ble Blonde/AP/SIPA

Le cabinet d'avocats Bryan Cave Leighton Paisner (BCLP) réclame plus de 1,25 million de dollars à la République gabonaise pour des frais de lobbying non payés, dans le cadre d'un contrat signé en janvier 2016 par l'ancien directeur de cabinet d'Ali Bongo Ondimba, Maixent Accrombessi.

L’affaire débute le 29 janvier 2016. À quelques mois d’une présidentielle qui s’organise dans un climat tendu, le gouvernement gabonais sollicite, par le biais de l’ancien tout-puissant directeur de cabinet d’Ali Bongo Ondimba, Maixent Accrombessi, le cabinet d’avocats américains Bryan Cave Leighton Paisner (BCLP)  afin de « resserrer les liens diplomatiques » entre le Gabon et les États-Unis.

La mission que mène le cabinet américain consiste à « fournir des conseils en matière de relations gouvernementales afin de sensibiliser les membres du Congrès et les fonctionnaires de l’administration [américaine] aux préoccupations et aux enjeux de la République gabonaise dans divers domaines ». Le total des honoraires, précise le feuille de mission, relayée par le site américain Law, « se montent 1,38 million de dollars (1,26 million d’euros) et sont payables d’avance.

Assurant, en mars 2018, ne pas avoir perçu les frais dus par le gouvernement depuis le 26 mai 2016 – soit 1,261 million de dollars de dettes – , la firme américaine se tourne vers le Conseil d’arbitrage entre avocats et clients du District de Columbia (ACAB), le 31 juillet 2018.

Poursuites engagées

« En cas de litige concernant nos honoraires et autres frais, le différend sera réglé par voie d’arbitrage. L’arbitrage doit être entendu par le Conseil d’arbitrage entre avocats et clients du District de Columbia (D.C. Attorney Client Arbitration Board ou « ACAB ») », précise le contrat signé en janvier 2016 entre le cabinet BCLP et la présidence de la République gabonaise.

Après avoir accepté la demande d’arbitrage, l’ACAB a informé le cabinet et la présidence gabonaise de la sélection d’un panel pour une audience prévue le 3 avril 2019. À l’issue de cette audience, au cours de laquelle le Gabon était représenté par deux avocats, la Cour a enjoint la présidence à régler 1,25 million de dollars.

La somme n’ayant, selon le cabinet américain, pas été réglée en temps voulu, c’est-à-dire avant le 3 mai 2019, l’ACAB a informé la République gabonaise, par le biais d’un courrier daté du 29 mai et adressé au ministre des Affaires étrangères, Abdu Razzaq Guy Kambogo, que la firme BCLP avait engagé des poursuites pour aboutir à une « ordonnance de jugement » dans ce dossier.

Le gouvernement doit adresser une réponse « dans les soixante jours » suivant la citation adressée au chef de la diplomatie gabonaise. Sollicitée par Jeune Afrique, la présidence gabonaise n’a pas répondu à nos sollicitations.


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Mamadou Diop Decroix. © Sylvain Cherkaoui pour JA

Fer de lance de la gauche sénégalaise, Mamadou Diop Decroix représente l’opposition dans le cadre du dialogue national qui s’est ouvert le 28 mai.

1. Soixante-huitard

Natif de la région de Thiès, ce militant maoïste fait ses études à Dakar, au lycée Lamine-Gueye, puis à l’université Cheikh-Anta-Diop. En mai 1968, il est l’un des fers de lance de la contestation étudiante qui fait vaciller le régime de Léopold Sedar Senghor, aux côtés de personnalités telles qu’Omar Blondin Diop ou Abdoulaye Bathily.

2. À la caserne !

Cet engagement lui vaut d’être exclu de l’université de Dakar et enrôlé de force dans l’armée en 1971. Depuis sa garnison, en Casamance, il est en contact avec des combattants du PAIGC, qui se battent pour l’indépendance de la Guinée-Bissau et du Cap-Vert.

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Jeannot Ahoussou-Kouadio, président du Sénat, a officiellement rejoint le RHDP. © Issam Zejly pour JA

Désormais bicaméral, même si le Sénat n’est pas encore opérationnel, le Parlement est nettement dominé par la majorité. Au point de passer pour une chambre d’enregistrement ?

Vendredi 3 mai. À Sikensi, à 79 km d’Abidjan, Amadou Soumahoro participe à une « journée d’hommage et de soutien » des populations au président Ouattara. Le nouveau président de l’Assemblée nationale prononce un discours particulièrement élogieux à l’égard du chef de l’État.

Pour l’une de ses premières sorties publiques depuis son élection au perchoir, au début de mars, le président de la chambre basse semblait donner le ton d’une allégeance sans condition au chef de l’exécutif.


>> À LIRE – Côte d’Ivoire : Soumahoro et Soro, les éternels rivaux en duel pour la présidence de l’APF


Il est vrai qu’avec un nouveau bureau entièrement contrôlé par le Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP), dont le groupe compte désormais 148 députés sur 255, on est désormais bien loin des crispations telles que celles observées lors de la première législature


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Gnamien Konan, président de La Nouvelle Côte d’Ivoire et député de Botro. © Issam Zejly pour JA

Président de La Nouvelle Côte d’Ivoire et député de Botro, Gnamien Konan, qui a rompu fin 2016 avec le RHDP d'Alassane Ouattara, pourrait être candidat à la présidentielle de 2020. Il n'exclut pas de former un ticket avec l’ex-président de l’Assemblée nationale, Mamadou Koulibaly.

Fondateur de l’Union pour la Côte d’Ivoire (UPCI), ex-­ministre de la Fonction publique (2012-2014 et 2016) et de l’Enseignement supérieur (2014-2016), Gnamien Konan, 65 ans, a rompu à la fin de 2016 avec le Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP), du président Alassane Ouattara, qu’il a soutenu en 2010 contre Laurent Gbagbo – sous la gouvernance duquel il a été directeur général des douanes (2001-2008).

Le député de Botro (Centre) dirige désormais La Nouvelle Côte d’Ivoire, mouvement qu’il a créé en février 2018 et dont il pourrait être le candidat à la présidentielle de 2020.

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«Côte d'Ivoire : effervescence générale à l'approche de la présidentielle de 2020»


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Depuis sa démission du poste de ministre guinéen de la Justice, révélée par JA, Cheick Sako s’impose un silence médiatique absolu ; Amadou Gon Coulibaly, Premier ministre ivoirien, et Hamed Bakayoko, ministre de la Défense, ont fait ensemble le petit pèlerinage à La Mecque... Chaque semaine, Jeune Afrique vous dévoile les coulisses du pouvoir. Plongée dans les secrets des chefs d'État et de leur premier cercle.

• Guinée : Cheick Sako fait la sourde oreille

Cheick Sako, désormais ex-ministre guinéen de la Justice, a présenté sa démission le 20 mai 2019. © DR / Capture d’écran YouTube

Depuis sa démission, révélée par JA, Cheick Sako s’impose un silence médiatique absolu

Après avoir reçu le 20 mai la lettre de démission de Cheick Sako, son ministre de la Justice, Alpha Condé a dépêché auprès de lui à Montpellier Amara Camara, l’ambassadeur de Guinée en France, afin de le convaincre de changer d’avis. En vain.

Dans son courrier, également adressé à Ibrahima Kassory Fofana, le Premier ministre, Sako justifie entre autres sa décision par son opposition à toute modification de la Constitution. Depuis sa démission, révélée par JA, il s’impose un silence médiatique absolu.

• Côte d’Ivoire : Gon Coulibaly et Bakayoko en duo à La Mecque

Amadou Gon Coulibaly (d.), Premier ministre ivoirien, et Hamed bakayoko, ministre de la Défense, à la Mecque ©

DR / Facebook Amadou
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Des milliers d'Algériens dans les rues d'Alger, mardi 2 avril, pour célébrer la démission du président Abdelaziz Bouteflika. © Toufik Doudou/AP/SIPA

Après plus d’une année de réduction drastique du nombre d’exemplaires de Jeune Afrique autorisés à la vente en Algérie (350 copies), le gouvernement va plus loin en censurant le numéro 3045 (19-25 mai) qui comportait une enquête consacrée à Ahmed Gaïd Salah, chef d’état-major de l’armée, intitulée : « L’homme qui menace la révolution ». Les Algériens réclament le changement, le système, lui, fait de la résistance...

Les dirigeants changent, les attentes des Algériens éclatent enfin au grand jour, mais le « système » fait de la résistance. En dépit de la démission d’Abdelaziz Bouteflika et de la mise au ban de ceux qui l’entouraient, en dépit des aspirations à plus de liberté, de démocratie et d’ouverture, les vieux réflexes ont décidément la vie dure.

Cela devient grotesque ! Depuis le 23 avril 2018, soit près d’un an avant la révolte populaire qui a secoué le pays, Jeune Afrique est absent des kiosques en Algérie. Lecteurs de longue ou récente date, citoyens lambda, acteurs politiques, opérateurs économiques, responsables d’institutions publiques ou privées, diplomates ou confrères, tous ne cessent de nous interroger sur les raisons de cette absence et sur sa durée. À l’origine, une décision unilatérale du gouvernement algérien, celui de l’ancien monde, en l’occurrence.

Fin mars 2018, notre distributeur sur place reçut une notification du ministère de la Communication lui enjoignant de ne plus importer JA ainsi que d’autres titres de Jeune Afrique Media Group (The Africa Report), ou proches de lui, comme La Revue (éditée par Béchir Ben Yahmed) ou Afrique Magazine (publié par Zyad Limam), qui fut jadis membre du groupe mais est aujourd’hui autonome. Seuls 350 exemplaires de JA étaient alors autorisés à franchir la frontière. Ils étaient destinés au gouvernement, à la présidence et à diverses institutions qui ne pouvaient apparemment pas se passer de la lecture de notre hebdomadaire. Allez comprendre !

Officiellement, il s’agissait de faire des économies en devises en supprimant la diffusion de la presse internationale. Une mesure d’austérité imposée, paraît-il, par la crise économique. Elle était censée concerner l’ensemble de nos confrères à travers le monde, mais, dans les faits, ne s’est jamais appliquée qu’à nous. Elle était censée n’être que temporaire, mais ce temporaire, hélas ! a tendance à s’éterniser.

Motif officieux

En creusant un peu, et même beaucoup, tant il est difficile dans ce pays d’obtenir la moindre information, nous avons découvert qu’il existait un motif officieux. En gros : JA serait trop négatif à l’égard de l’Algérie. Enfin, surtout de ses dirigeants… Et, bien sûr, trop indulgent avec le voisin marocain.

Pas de son, pas d’image. Rien.

Ce que le gouvernement oublie de dire, outre que nous exerçons notre métier de la manière la plus objective possible et que nous écrivons ce que nous pensons, c’est que nous nous efforçons, depuis de longues années, d’ouvrir nos colonnes aux dirigeants algériens afin de leur permettre d’exprimer leur point de vue.

Nous renonçons à compter les demandes d’interview adressées à des Premiers ministres, ministres des Affaires étrangères, responsables du Front de libération nationale (FLN) ou patrons d’entreprises publiques. Toutes sont restées sans réponse. Pas de son, pas d’image. Rien.

Depuis notre retour en Algérie, en 1998, après vingt-deux longues années d’interdiction – quand on vous dit que notre relation n’a jamais été un long fleuve tranquille ! –, près d’une dizaine de numéros de JA ont été interdits pour des motifs très divers. Les sujets des articles incriminés ? Le vote des généraux (2004), les relations algéro-marocaines (2005), l’affaire des caricatures du Prophète (2006), la chute du tycoon Rafik Abdelmoumen Khalifa (2007), sans oublier le malaise kabyle (2008) ou les rapports qu’Abdelaziz Bouteflika entretenait avec les femmes (2015). Ce dernier article n’avait naturellement rien à voir avec la manière sordide dont les tabloïds britanniques ou la presse people traitent habituellement ce genre de sujet. Il s’intéressait simplement à la vie de l’un des rares chefs d’État africain et/ou arabe à être resté célibataire.

Après la « révolution », nous étions en droit d’espérer que les choses allaient changer

Mais ça, c’était l’Algérie d’avant. Après la « révolution », nous étions en droit d’espérer que les choses allaient changer. Il n’en a rien été. Tout récemment, notre numéro 3045 (19 -25 mai), qui comportait une enquête sur Ahmed Gaïd Salah, un titre de couverture évoquant « L’homme qui menace la révolution » et un éditorial de l’auteur de ces lignes, certes peu amène à son endroit mais sincère et, avant tout, destiné à éclairer tous ceux qui se soucient de l’avenir de ce pays, n’a pas échappé aux foudres de la censure. Il n’est d’ailleurs même plus question de nos maigres 350 exemplaires autorisés, il s’agit d’une interdiction pure et simple. Notre distributeur local a de surcroît fait l’objet d’un « savon » administré, sur ordre, par le ministre de la Communication.

Le numéro de JA incriminé par les autorités algériennes. © Le numéro de JA incriminé par les autorités algériennes.

>>> À lire – Algérie : le général Gaïd Salah menace-t-il la révolution ?

Ce réflexe pavlovien est totalement incompréhensible à l’ère du digital et ubuesque pour tous les Algériens qui attendent autre chose de leurs dirigeants. Pour nous, c’est un véritable crève-cœur, le signe que tout ne change pas comme nous l’avions espéré. Que les fers aux pieds et les carcans psychologiques sont loin d’avoir disparu. Nous voulons croire que les autorités reviendront sur cette décision inique qui lèse avant tout les citoyens. En attendant, nous présentons à nos lecteurs algériens nos plus sincères excuses pour cette absence, fût-elle indépendante de notre volonté. Et nous les invitons à nous lire sur notre site ou sur notre application, ce qu’ils sont d’ailleurs de plus en plus nombreux à faire.


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Manifestation hebdomadaire d'étudiants dans la capitale algérienne le 28 mai 2019 contre la présidentielle du 4 juillet et contre le général Ahmed Gaïd Salah, chef d'état-major devenu de facto le véritable homme fort du pays depuis la démission le 2 avril 2019 du président Abdelaziz Bouteflika. © RYAD KRAMDI/AFP

En dépit des nombreuses arrestations par la police, les manifestants affluent dans le centre d'Alger pour le quinzième vendredi de mobilisation. Objectif : dire « Non » au dialogue proposé par le chef de l'état-major de l'armée algérienne.

« Pas de dialogue avec le gang et le pouvoir », martelaient vendredi 31 mai les manifestants, qui désignent sous le terme d’« issaba » (« gang ») les dirigeants de l’appareil politique toujours en place, hérité de la présidence d’Abdelaziz Bouteflika, contraint à la démission par la rue le 2 avril dernier.

En tout début d’après-midi, un millier de manifestants étaient déjà rassemblés près de la Grande Poste, devenu le point de ralliement des grandes manifestations hebdomadaires, depuis le premier vendredi de contestation le 22 février. Le gros de la foule est attendu après la fin de la prière.


>>> À LIRE – [Tribune] Algérie : un seul héros, le peuple


Massivement rejetée par les manifestants et sans candidat sérieux déclaré, la présidentielle prévue le 4 juillet apparaît de plus en plus compromise. Plus tôt cette semaine, le chef d’état-major de l’armée, le général Ahmed Gaïd Salah, devenu le véritable détenteur du pouvoir depuis le départ d’Abdelaziz Bouteflika, a réclamé des « concessions mutuelles » dans le cadre d’un « dialogue » dont il n’a pas défini les formes.

« Ni dialogue ni élections »

Il n’a plus évoqué la date du 4 juillet, mais a continué de réclamer une présidentielle « dans les plus brefs délais ». Le Conseil constitutionnel doit se prononcer avant le 5 juin sur la validité des deux seuls dossiers de candidatures déposés pour la présidentielle. Mais il semble peu probable qu’ils remplissent les conditions requises, notamment les 600 parrainages d’élus ou les 60 000 d’électeurs.

Le scrutin n’a pour seul objectif que le maintien du « système » au pouvoir, estime le mouvement de contestation inédit, qui réclame au préalable le départ de tous les dirigeants actuels, dont le général Gaïd Salah, chef de l’armée depuis 2004. « Ni dialogue ni élections, mais une (Assemblée) constituante », peut-on lire sur une pancarte brandie par des manifestants.

Ce vendredi est le dernier du mois de jeûne musulman du ramadan, durant lequel la mobilisation n’aura pas faibli malgré la fatigue due au jeûne quotidien. Et les arrestations menées plus tôt dans la matinée, comme la semaine précédente, n’auront pas davantage découragé les manifestants.


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