May 2019

L'opposant Lazarus Chakwera s'apprête à voter, le 21 mai 2019, à Kasiya. © GIANLUIGI GUERCIA/AFP

L'opposant malawite Lazarus Chakwera, arrivé deuxième de la présidentielle, a annoncé vendredi rejeter « les résultats frauduleux » de l'élection remportée par le chef de l'État sortant Peter Mutharika, qui a déjà prêté serment.

« Moi, Lazarus Chakwera, rejette les résultats frauduleux de la MEC », la Commission électorale du Malawi, a déclaré le chef du parti du Congrès du Malawi (MCP) lors d’une conférence de presse à Lilongwe vendredi 31 mai. Il a affirmé qu’il allait demander à la justice « d’annuler » les résultats de la présidentielle du 21 mai. « Nous avons été les témoins non pas d’une élection mais d’un vol, d’un crime contre (…) notre démocratie », a-t-il dénoncé.

« Soit nous restons les bras croisés alors que notre pays est dirigé par des voleurs qui ont dérobé une élection et y voient un permis de voler nos impôts, soit nous pouvons nous lever et stopper cet État mafia une bonne fois pour toute », a-t-il estimé.

Utilisation suspecte de « blanc » à corriger

Peter Mutharika, au pouvoir depuis 2014, a obtenu 38,57% des suffrages, devant son principal rival Lazarus Chakwera, avec 35,41% des voix, selon les résultats de la commission électorale. Une réélection de justesse : moins de 160 000 voix séparent les deux hommes.

Avant l’annonce lundi des résultats, Peter Mutharika avait dénoncé des « irrégularités » lors du dépouillement, dont l’utilisation suspecte de « blanc » à corriger sur de nombreuses feuilles d’émargement.

Il avait saisi la justice, qui avait ordonné à la MEC de recompter tous les bulletins de vote dans un tiers des districts électoraux du pays. Après recompte, la Haute Cour de Lilongwe avait finalement autorisé lundi la publication des résultats, qui ont donné vainqueur Peter Mutharika.

Ce dernier a prêté serment mardi 28 mai. « Je tiens à féliciter les autres candidats qui ont participé à ces élections, mais ils doivent accepter qu’il y a seulement un vainqueur », avait-il alors affirmé.


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Djénéba N’Diaye, présidente du Mouvement des migrants pour la reconstruction du Mali © DAOU B. Emmanuel

Djénéba N’Diaye, seule femme candidate à la présidentielle de 2018 au Mali, compte désormais se présenter aux élections législatives de juin prochain, dans le cercle de Sikasso.

Seule femme candidate à la présidentielle de 2018 au Mali, Djénéba N’Diaye avait remporté 0,36 % des suffrages au premier tour, puis appelé à soutenir Ibrahim Boubacar Keïta au second.

Depuis, la présidente du Mouvement des migrants pour la reconstruction du Mali s’est engagée pour l’inclusion des femmes dans le processus de paix. Elle a notamment noué un partenariat avec la branche féminine de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) et échange régulièrement avec les Kidaloises pour les encourager à s’engager en politique.

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Charles Blé Goudé à La Haye, le 28 janvier 2016. © Peter Dejong/AP/SIPA
Charles Blé Goudé, ex-chef des Jeunes Patriotes ivoiriens, accusé de crimes contre l'humanité puis acquitté en première instance par la Cour pénale internationale, assure ne pas vouloir être candidat à l'élection présidentielle de 2020 en Côte d'Ivoire, et espère un retour au pays de Laurent Gbagbo.
« Je ne suis candidat à rien en 2020 (la présidentielle ivoirienne de 2020). C’est un devoir de ramener la paix en Côte d’Ivoire. Voilà la campagne que je veux engager », a assuré Blé Goudé dans un entretien à l’AFP, sanglé dans une chemise pagne bleu ciel et coiffé d’un chapeau de cow-boy.
Charles Blé Goudé et l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, aussi accusé de crimes contre l’humanité avant d’être acquitté, ont été libérés sous condition le 1er février 2019. Ils ont l’obligation de résider dans un État membre de la Cour pénale internationale (CPI), en attendant un éventuel procès en appel. Gbagbo réside désormais à Bruxelles, mais Blé Goudé est toujours aux Pays-Bas, la Belgique et les autres pays ayant refusé d’accueillir l’ex-chef des Jeunes patriotes, après avoir accepté son mentor.

>>> À LIRE – Côte d’Ivoire : Charles Blé Goudé appelle à oublier toute « vengeance » ou « revanche »

Blé Goudé a le droit de s’exprimer publiquement, mais il a interdiction d’évoquer son dossier en cours. Il ne porte pas de bracelet électronique et peut recevoir des visiteurs. Il est surveillé et protégé par deux policiers en civil, très discrets dans un hôtel de la Haye. « La prison a été un professeur pour moi et je veux partager cette expérience pour dire qu’il faut prévenir les conflits. Je veux jouer ce rôle dans mon pays », assure-t-il.

Livres, cuisines et football

Durant ses cinq ans de prison à la Haye, il assure avoir reçu en cadeau un demi-million de livres et 200 DVD, et avoir fréquemment joué au football avec l’ancien vice-président congolais Jean-Pierre Bemba, acquitté après dix ans de détention. Il a aussi amélioré ses talents culinaires, en préparant souvent la sauce graine au riz, un plat très prisé en Côte d’Ivoire.
« Je veux rentrer (en Côte d’Ivoire) pour participer à la paix et à la reconstruction de mon pays, à la réconciliation », affirme-t-il. Surnommé le « général de la rue » pour sa capacité à mobiliser les partisans de l’ex-président ivoirien, Charles Blé Goudé est l’un des membres les plus controversés du clan Gbagbo. Les Jeunes patriotes, mouvement pro-Gbagbo extrêmement violent, critiquait souvent l’actuel président ivoirien Alassane Ouattara, la France et l’ONU.
Ses détracteurs et les ONG internationales le considèrent comme l’un de ceux qui avaient contribué à la montée de la tension en Côte d’Ivoire après l’arrivée au pouvoir de Gbagbo et l’émergence de la rébellion des Forces nouvelles occupant le Nord. Un climat anti-français et anti-médias avait été de plus en plus développé par le pouvoir et les Jeunes patriotes. Le correspondant de RFI Jean Hélène avait été tué par un policier en 2003, tandis qu’un autre journaliste, Guy-André Kieffer, est toujours porté disparu.
En novembre 2004, Blé Goudé avait lancé ses partisans à l’assaut des Blancs vivant à Abidjan, provoquant la fuite de milliers d’entre eux, évacués dans la précipitation par la France. Plus de 3 000 personnes avaient ensuite été tuées pendant la crise post-électorale, entre décembre 2010 et avril 2011. On lui attribue souvent le slogan « À chacun son Blanc », qui appelait à la chasse des étrangers blancs de peau, notamment les Français.

« Gbagbo a encore un rôle à jouer »

« J’ai été victime de propagande. J’ai demandé qu’on me produise un seul son qui n’ait jamais venu étayer cette propagande », répond-il aujourd’hui. Il rappelle ensuite qu’il a interdiction d’évoquer le dossier de la CPI. « Non ! Je ne suis pas un anti-français. (…) Il faut aujourd’hui une relation gagnant-gagnant dans les relations France-Afrique », ajoute-t-il.
Au sujet de ses rapports avec Laurent Gbagbo dont le parti, le FPI, est divisé en deux camps, Blé Goudé confie : « Il faut que le président Gbagbo retourne en Côte d’Ivoire. Son retour pourrait être salvateur pour la paix sociale en Côte d’Ivoire. C’est un rassembleur, je pense qu’il a encore un rôle à jouer en Côte d’Ivoire. »
On va droit dans le mur. Les facteurs qui ont conduit à la crise post-électorale en 2010 sont deux fois plus réunis aujourd’hui
Mais l’ex-chef des Patriotes est pessimiste quant à l’élection présidentielle de 2020. « On va droit dans le mur. Les facteurs qui ont conduit à la crise post-électorale en 2010 sont deux fois plus réunis. Le bloc qui est arrivé au pouvoir est aujourd’hui divisé en trois. L’aile militaire avec Guillaume Soro et l’aile politique avec Bédié. Ouattara est isolé. »
« De l’autre côté, l’opposition n’est pas homogène. Ce sont ces même problèmes (la fixation sur un fauteuil présidentiel) qui ont mené à la crise post-électorale de 2010 », estime-t-il.

« Je me veux un homme d’État »

Il propose que tous les « protagonistes au complet » initient « une campagne de paix » auprès des Ivoiriens. Blé Goudé se dit prêt au dialogue avec le régime qui l’a envoyé en prison. « Je me veux un homme d’État. (…) Je suis prêt à parler avec tout le monde, et je demande à mes partisans de le comprendre ainsi. Et au-delà de mes partisans, je demande aux Ivoiriens de le comprendre », affirme-t-il.

>>> À LIRE – [Analyse] Côte d’Ivoire : quand Blé Goudé joue sa propre carte

Démagogie ? « Comment peut-on tenir un discours démagogique, quand on a fait deux ans d’exil, 14 mois d’enfermement dans une cellule à la DST (en Côte d’Ivoire), seul, sans visite, pour finalement atterrir à la CPI pendant cinq ans ? Quand on sort de ces épreuves, on ne peut pas tenir un discours démagogique », jure-t-il.
Même s’il assure n’être candidat à rien, il avoue préparer le congrès prévu pour août en Côte d’Ivoire en vue de transformer son mouvement, le Cojep, en parti politique, capable de participer aux futurs scrutins, hormis la présidentielle de 2020.

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Un partisan du Social Democratic Front (SDF) lors de la campagne présidentielle. © ALEXIS HUGUET/AFP

Tous les partis d'opposition sont d'accord pour attaquer le pouvoir de front aux élections législatives de novembre prochain. Mais pas forcément à l'unisson...

Les incertitudes sont grandes à l’approche des prochaines législatives, attendues en novembre au Cameroun. Préoccupée par la crise anglophone et perturbée par le malaise ambiant qui plane depuis la présidentielle d’octobre 2018, la classe politique semble faire peu de cas de ce scrutin, qui avait été reporté en juillet de la même année.

Mais, à quelques mois de l’échéance, les préparatifs vont bon train. S’ils restent discrets, ils occupent une place de choix dans les agendas des différents partis.

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«Le Cameroun en équilibre instable avant les législatives»


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Fin mai, Jeannot Ahoussou-Kouadio a annoncé qu’il ralliait le parti unifié. © Issam Zejly pour JA

Depuis qu’il a décidé de faire cavalier seul en refusant d’intégrer le parti unifié, le PDCI a perdu plusieurs de ses hauts cadres, dont certains avaient des visées présidentielles.

C’est notamment le cas du vice-président, Daniel Kablan Duncan, du secrétaire général de la présidence, Patrick Achi, ou encore des ministres Alain-Richard Donwahi et Jean-Claude Kouassi. Ils seront bientôt rejoints par Jeannot Ahoussou-Kouadio (68 ans), une figure du pays baoulé.

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Une rue dans le centre de Niamey, en septembre 2011 (photo d'illustration). © Tagaza Djibo/AP/SIPA

Un millier de personnes ont manifesté samedi à Niamey contre la présence au Niger des bases militaires françaises et américaines, accusées d'inertie face aux attaques jihadistes meurtrières.

Au rythme de musiques locales dédiées à l’armée nigérienne, les protestataires ont sillonné les rues aux cris de: « Vive le Niger, vive l’armée nigérienne » avant de tenir un meeting devant le parlement.

« À bas les bases militaires étrangères », « À bas l’armée française », « À bas l’armée américaine », « À bas les jihadistes et Boko Haram », ont scandé les manifestants, essentiellement des étudiants, des lycéens et des collégiens, qui répondaient à l’appel du l’Union des scolaires nigériens (USN), leur syndicat.

Sur des pancartes on pouvait aussi lire: « Non à la sous-traitance de notre souveraineté nationale », « Notre territoire est indépendant depuis le 3 août 1960 ».

« Nous ne voyons pas la plus-value de la présence de ces bases militaires étrangères parce que chaque jour que dieu fait, notre pays est victime d’attaques », a déclaré Idder Algabid, le dirigeant de l’USN. Ces attaques pourraient être évitées si toutefois il y avait « une franche collaboration et un soutien extérieur » des armées étrangères.

La manifestation « autorisée par la mairie de Niamey », selon lui, vise « à soutenir nos Forces de défense et de sécurité (FDS) victimes d’attaques répétées, enregistrant des morts et des blessés ».

Le dirigeant estudiantin a « exigé du gouvernement la dotation en moyens suffisants et adéquats des FDS afin de garantir la sécurité du pays et sa souveraineté nationale ».

Vendredi, il avait demandé « le départ pur et simple de ces bases militaires qui ne sont ici que pour obstruer notre souveraineté nationale ».

Le 17 mai, le groupe État islamique a revendiqué une attaque perpétrée dans l’Ouest, ayant tué 28 soldats et un assaut – infructueux – contre une prison de haute sécurité proche de la capitale, où sont détenus de nombreux jihadistes.

Coopération renforcée

Niamey, qui combat aussi le groupe jihadiste nigérian Boko Haram dans le Sud, a toujours justifié la présence des forces américaines et françaises sur son sol par la nécessité de « sécuriser les frontières » contre des infiltrations de groupes jihadistes venant du Mali voisin.

« Sans les renseignements que nous donnent les pays comme la France, nous sommes un peu aveugles », avait affirmé en 2014 le président nigérien Mahamadou Issoufou.

« Les terroristes tentent de reprendre pied au Niger, ce que nous n’accepterons pas. Nous nous battrons pour qu?ils ne s’installent pas au Niger », a déclaré la semaine passée le ministre nigérien de la Défense, Kalla Moutari.

Vendredi, Kalla Moutari a visité la base aérienne de la force française Barkhane à Niamey. « (…) Nous avons parlé des moyens de renforcer cette coopération (militaire) opérationnelle » entre le Niger et la France, a commenté l’ambassadeur de France au Niger, Alexandre Garcia.

Au Niger, la France possède une base sur l’aéroport de Niamey à partir de laquelle des avions de chasse et des drones – non armés – opèrent. Dans le cadre de l’opération Barkhane, les forces françaises disposent aussi d’une base à Madama, dans le Nord.

Le Niger a également permis la construction d’une importante base américaine de drones à Agadez (nord), dont le coût est estimé à une centaine de millions de dollars, et qui donne aux Etats-Unis une plate-forme de surveillance de premier plan.

Le Niger a récemment autorisé les Américains à armer leur drones. L’Allemagne dispose d’une base logistique à Niamey pour ravitailler ses troupes engagées au Mali voisin.


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Roch Marc Christian Kaboré, le président burkinabè, avec Xi Jiping, président chinois. © Roman Pilipey/Pool via REUTERS

Construire un hôpital ou préserver une forêt classée ? La question suscite une vive polémique au Burkina Faso. En cause, le projet de construction par la Chine d'un vaste centre hospitalier universitaire au cœur de la forêt classée de Kua, près de Bobo Dioulasso, dans le cadre de la coopération bilatérale.

Le geste est symbolique. Jeudi 23 mai, à quelques kilomètres de Bobo Dioulasso, des agents des services des Eaux et Forêts ont déterré les bornes délimitant 16 hectares découpés en plein cœur de la forêt classée de Kua. En lieu et place de ces bornes, ils ont planté des arbres. À l’origine de cette manifestation de colère des forestiers de la région des Hauts-Bassins et des cascades, un projet de la coopération entre le Burkina Faso et la Chine engagé après le rétablissement de leurs relations diplomatiques, en mai 2018. La Chine a alors promis de financer entièrement la construction d’un centre hospitalier universitaire (CHU) à Bobo Dioulasso, sous la forme d’un don estimé à 60 milliards de francs CFA [91,5 millions d’euros].

Feu aux poudres

Si tous les acteurs sont unanimes sur le caractère salutaire de l’initiative, destinée à améliorer l’accès aux soins dans cette région, le choix de l’emplacement de l’hôpital, dans un pays qui perd chaque année 4% de son massif forestier, a mis le feu aux poudres. Et la décision du conseil municipal de Bobo Dioulasso, le 19 avril dernier, de déclasser une partie de la forêt de Kua a fédéré les opposants au projet.

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Une pancarte brandie par des manifestants, vendredi 17 mai à Alger. © Fateh Guidoum/AP/SIPA

Le chef de l'État Abdelkader Bensalah a réaffirmé à plusieurs reprises que l'élection présidentielle se tiendrait bien le 4 juillet, et le chef d'état-major Ahmed Gaïd Salah a lui-même appelé à la tenue du scrutin. Alors que la rue et l'opposition demandent un report, aucun dossier de candidature n'avait été déposé devant le Conseil constitutionnel, à deux jours de la date butoir.

« La persistance de la crise aura de graves conséquences dans les domaines économique et social du pays », avertit dans son dernier discours le général Ahmed Gaïd Salah, en réitérant que seulement « la tenue de l’élection présidentielle fera taire tous ceux qui tentent de faire perdurer cette crise ». Alors que les manifestants continuent à rejeter catégoriquement la feuille de route du chef d’état-major de l’armée, ce dernier n’a pas précisé de date.

Ce mercredi, les partis de l’alliance présidentielle ont ouvertement soutenu la position du patron de l’Armée nationale populaire (ANP). Si le Rassemblement national démocratique (RND) s’est dit convaincu de « la nécessaire organisation de la présidentielle », les partis TAJ (Rassemblement Espoir de l’Algérie) ainsi que le Mouvement populaire algérien (MPA) ont affirmé soutenir la feuille de route de Gaïd Salah. Dans un communiqué, le FLN a salué la position « nationale et souveraine » de la grande muette.

Pour sa part, Ali Benflis, ex-Premier ministre et président du parti Talaie El Hourriyet, a estimé que l’absence de date dans le discours de Gaïd Salah était en droite ligne avec les revendications du peuple algérien, ajoutant que « les élections ne seront valables qu’avec l’association des parties susceptibles de trouver les outils de gestion des élections, notamment une instance indépendante ».

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Le nouvel homme fort du FLN, Mouad Bouchareb. © DR

Des députés du parti du Front de libération nationale (FLN), dont le groupe parlementaire avait décidé la veille de geler leurs activités, ont empêché mercredi Mouad Bouchareb, le président de l’Assemblée populaire nationale (APN), de diriger une réunion du bureau de la première chambre.

La confusion était à son comble devant le bureau du président de l’Assemblée populaire nationale (APN), mercredi, lorsque plusieurs députés ont également tenté d’envahir le bureau de Mouad Bouchareb pour lui demander de se retirer de la présidence de l’APN, rapporte l’agence de presse officielle algérienne APS.

Lors d’un point de presse tenu juste après cet incident, le président du groupe parlementaire Khaled Bouriah a expliqué que « le FLN avait présenté la candidature de Bouchareb à la présidence de l’Assemblée », mais « les données ont changé aujourd’hui à la suite des manifestations populaires qui revendiquent le changement ». Pourtant, « Bouchareb s’est obstiné à ne pas partir ». « Nous n’avons fait que reproduire l’appel des manifestants et du hirak », a ajouté le chef de file des députés.


>>> À LIRE – Algérie : le FLN lutte pour sa survie à l’ombre de la contestation populaire


Ce dernier a ensuite exhorté à « placer l’intérêt général au-dessus des intérêts personnels », en précisant « qu’en raison de la situation actuelle [la suspension des activités du groupe parlementaire FLN], les activités de l’APN demeurent gelées ».

« Respecter la revendication populaire »

Mardi, le groupe parlementaire du parti avait lancé un appel à Mouad Bouchareb pour qu’il se retire « de son plein gré » de la présidence de l’Assemblée, « en réponse à la revendication populaire et en application des orientations de la direction politique du parti », rappelle l’APS. Le groupe parlementaire de la formation s’était réuni pour « examiner la revendication du hirak, relative au retrait de M. Bouchareb », demandant à ce dernier de « répondre immédiatement à cet appel ».

Une réunion des vice-présidents de l’APN et des présidents des commissions permanentes avec l’occupant du perchoir avait eu lieu mercredi 8 mai dernier. Une semaine après, le groupe parlementaire du FLN s’est réuni sous la présidence de son secrétaire général Mohamed Djemai, qui avait déjà invité Mouad Bouchareb à quitter son poste.

Mohamed Djemai a demandé de mettre en œuvre les revendications du peuple, qui demande le changement du président de l’APN et du reste des symboles du régime

Mohamed Djemai avait adressé un « appel amical et fraternel » à l’actuel président de la chambre basse du Parlement, lui demandant de « faire prévaloir l’intérêt suprême du pays et de l’État sur tout autre intérêt personnel, et de s’engager avec courage à mettre en œuvre les revendications du peuple algérien, qui demande le changement du président de l’APN et du reste des symboles du régime ».

C’est depuis l’élection de Mohamed Djemai à la tête du parti que les relations entre le FLN et la présidence de l’Assemblée se sont détériorées. C’est pourquoi le groupe parlementaire avait boycotté la séance du 8 mai à l’Assemblée. Après avoir occupé plusieurs postes clés au sein du comité central de l’ancien parti unique, élu député en 2012, Mouad Bouchareb préside l’APN depuis octobre 2018.


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Par

André Silver Konan est un journaliste et éditorialiste ivoirien, collaborateur de Jeune Afrique depuis Abidjan.

Un électeur signe devant des assesseurs, en 2010. © Rebecca Blackwell/AP/SIPA

À dix-sept mois de l’élection présidentielle de 2020, seul Guillaume Soro, l’ancien président de l’Assemblée nationale, paraît être en précampagne. En face, les trois grands partis ivoiriens – le Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP) d’Alassane Ouattara, le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) d’Henri Konan Bédié et le Front populaire ivoirien (FPI) de Laurent Gbagbo entretiennent l’incertitude.

Se souviennent-ils que cette stratégie de la montre a été le meilleur ennemi d’Emmanuel Ramazani Shadary en RD Congo ? Ouattara, Bédié et Gbagbo ne voient-ils pas que, quels que soient les candidats finalement désignés en Côte d’Ivoire, le temps risque de jouer contre eux ? Au Congo, Joseph Kabila a fait de Ramazani Shadary son dauphin quatre mois seulement avant le scrutin du 30 décembre 2018. Espérait-il mettre les autres candidats potentiels (de son camp) devant le fait accompli et les contraindre à se rassembler autour de celui qu’il avait choisi ? Si c’est le cas, cela a été un échec.

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Des manifestants sur un char de l'armée soudanaise, jeudi 11 avril 2019 à Khartoum. © AP/SIPA

Les négociations ont repris lundi soir entre les généraux au pouvoir et les chefs de la contestation, un accord sur la composition du Conseil souverain de transition devant être trouvé dans un « bref délai », selon un haut responsable militaire.

Le dialogue entre le Conseil militaire, qui a succédé au président Omar el-Béchir renversé par l’armée, et l’Alliance pour la liberté et le changement (ALC), fer de lance de la contestation, a repris vers 21H30 (19H30 GMT).

« Un accord complet entre le Conseil et l’ALC sera obtenu dans un bref délai », a déclaré le chef adjoint du Conseil militaire, Mohamad Hamdan Daglo, surnommé « Himeidti », selon un communiqué de la Force de soutien rapide (RSF), qu’il dirige par ailleurs.

Dimanche, les négociations ont achoppé sur l’instance censée gérer la période de transition. Les deux parties souhaitent chacune prendre la tête et ravir la majorité des sièges du Conseil souverain, une institution clé de la transition qui doit se substituer au Conseil militaire pour une période de trois ans, avant la tenue d’élections.

A la tête du Soudan pendant près de 30 ans, Omar el-Béchir a été destitué et arrêté par l’armée le 11 avril sous la pression d’un mouvement inédit déclenché le 19 décembre par la décision des autorités de tripler le prix du pain dans un pays miné par une grave crise économique.

Le mouvement s’est vite transformé en contestation du pouvoir. Des milliers de manifestants campent depuis le 6 avril devant le QG de l’armée à Khartoum pour réclamer le transfert du pouvoir aux civils, après avoir obtenu la mise à l’écart de Omar el-Béchir.

« Nous avons insisté sur le fait que le Conseil souverain soit présidé par un civil et composé majoritairement de civils », a déclaré à l’AFP Satea al-Haj, un membre de l’ALC ayant participé aux négociations.

Le Conseil militaire, a-t-il expliqué, justifie sa volonté de diriger l’institution clé « par les menaces sécuritaires pesant sur le pays ».

« Piège »

Au sit-in devant le QG de l’armée, les manifestants sont inquiets.

« On sent qu’un piège est en train d’être tendu. Un sale jeu politique mené par le Conseil militaire », a dit l’un d’eux Moustafa Sedik.

« Les forces armées ne veulent pas abandonner le pouvoir facilement, et je pense qu’ils ont un plan avec l’ancien régime », s’inquiète Youssef Mohamed, au milieu d’une foule brandissant des drapeaux soudanais et faisant le « V » de la victoire.

Tout en affichant leur détermination à obtenir gain de cause, les chefs de la contestation tentent d’apaiser les esprits.

Selon Satea al-Haj, les précédentes consultations se sont déroulées dans une atmosphère « positive » malgré le différend sur la présidence et la composition du Conseil souverain.

« La victoire est une question de patience et elle se rapproche », a assuré l’ALC lundi dans un communiqué.

Les deux camps avaient réussi la semaine dernière à s’entendre sur la durée de la transition, fixée à trois ans, et la composition d’une assemblée législative, dont les deux tiers des 300 membres désignés viendraient de l’ALC.

« Il est temps de réaliser notre objectif », a déclaré un manifestant, Ahmed Nadgi, ajoutant que le peuple soudanais avait déjà attendu « des décennies », durant le pouvoir de Omar el-Béchir.

L’UA se dit « satisfaite »

Le 17 mai, plusieurs pays et organisations internationales, dont les États-Unis, l’Union africaine, l’ONU et l’Union européenne ont appelé à la mise en oeuvre d’une transition « vraiment dirigée par les civils ».

En visite à Khartoum lundi, l’émissaire de l’UA pour le Soudan, le Mauritanien Mohamed El Hacen Lebatt, a assuré que l’organisation panafricaine soutenait « tout accord entre les forces politiques au Soudan », selon l’agence soudanaise Suna.

« L’UA est satisfaite des avancées en cours pour parvenir à un accord », a-t-il déclaré après une rencontre avec le général Kabbachi, selon Suna.

Le 6 mai, Mohamed El Hacen Lebatt avait annoncé à Khartoum qu’un rapport d’étape sur la transition serait examiné dans deux semaines par le Conseil de paix et de sécurité de l’UA.

L’organisation régionale plaide pour un transfert rapide du pouvoir aux civils, faute de quoi elle a averti qu’elle pourrait suspendre le Soudan.

L’Égypte voisine, qui assure actuellement la présidence de l’UA, est considérée comme un soutien des militaires au Soudan. Son président, Abdel Fattah al-Sissi, a régulièrement dénoncé les mouvements populaires, source d’instabilité selon lui.

La semaine dernière, des violences ont émaillé le mouvement de contestation, avec la mort de cinq civils et d’un militaire le 13 mai par des hommes armés non identifiés qui ont tiré sur les manifestants rassemblés devant le QG de l’armée à Khartoum. Les militaires ont accusé des « éléments infiltrés ».

Avant ces violences, 90 personnes ont été tuées par les forces de l’ordre depuis le 19 décembre selon une association de médecins proche de l’ALC. Les autorités parlent d’un bilan de 65 morts.


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Béchir Ben Yahmed a fondé Jeune Afrique le 17 octobre 1960 à Tunis. Il est président-directeur général du groupe Jeune Afrique.

John Bolton, conseiller à la sécurité nationale du président américain Donald Trump, fin avril 2019 à Washington. © Evan Vucci/AP/SIPA

John Bolton. S’il n’a pas encore retenu votre attention, regardez sa photo et sa moustache blanche atypique : vous ne les oublierez pas !

Il occupe depuis un an auprès de Donald Trump, au sous-sol de la Maison-Blanche, les vastes bureaux du conseiller à la sécurité nationale. Ses prédécesseurs les plus célèbres ont pour noms Walt Rostow (auprès du président Lyndon B. Johnson), Henry Kissinger (auprès de Richard Nixon) et Condoleezza Rice (auprès de George W. Bush).

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La police égyptienne au Caire en 2011. Photo d'illustration. © AP/SIPA

Au moins 17 personnes, dont des Sud-Africains et des Égyptiens, ont été blessées dimanche dans une attaque à la bombe contre un bus de touristes près des célèbres pyramides égyptiennes de Guizeh, a-t-on appris de sources sécuritaire et médicale.

Un engin explosif a détoné au passage de l’autocar de tourisme, qui circulait à Guizeh, près du chantier du nouveau musée des Antiquités égyptiennes, au pied des pyramides.

Des images tournées peu après l’explosion montrent une voiture bleue aux vitres soufflées et un bus blanc aux vitres brisées et à l’arrière endommagé, le long d’une route où la circulation a repris.

« L’explosion d’un objet a brisé les vitres d’un bus qui transportait 25 personnes d’Afrique du Sud et d’une voiture qui transportait quatre Égyptiens. Certains passagers des deux véhicules ont été légèrement blessés à cause des vitres brisées et ils ont reçu des soins médicaux », a indiqué une source de sécurité.

Lors d’une attaque similaire en décembre, trois touristes vietnamiens et leur guide égyptien avaient été tués. Une bombe artisanale avait explosé au passage de leur bus près du site des pyramides de Guizeh.

Coup dur pour tourisme

L’attaque de dimanche intervient à un peu plus d’un mois du coup d’envoi de la Coupe d’Afrique des Nations organisée en Égypte du 21 juin au 20 juillet.

L’industrie du tourisme, cruciale pour l’économie égyptienne, a été fortement affectée par l’instabilité politique et les attentats ayant suivi la révolte de 2011 qui avait abouti à la chute du président Hosni Moubarak après 30 ans au pouvoir.

De 14,7 millions en 2010, le nombre de visiteurs était tombé à 5,3 millions en 2016. Mais l’industrie touristique s’est redressée lentement à partir de 2017 avec 8,3 millions de visiteurs.

Le nouveau musée ou Grand Egyptian museum (GEM) devrait ouvrir ses portes en 2020, après de multiples retards.

En Afrique du Sud, le porte-parole du département des relations internationales, Ndivhuwo Mabaya, a dit que « des Sud-Africains pourraient avoir été touchés » par l’attaque de dimanche sans vouloir donner davantage de précisions sur le nombre éventuel de blessés.

« L’ambassadeur essaie de vérifier avec les autorités. Nous avons activé notre mécanisme de réponse d’urgence et ouvert une ligne téléphonique d’urgence » pour les familles inquiètes de savoir où sont leurs proches, a-t-il ajouté.


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Le marché de Buracos, à Cabinda, dans le nord de l'Angola, le 9 avril 2019. © AFP / Daniel Garelo Pensador

Depuis qu'il dirige l'Angola en 2017, João Lourenço s'est bâti une image de président relativement ouvert et modéré. Mais dans la province du Cabinda (nord), les indépendantistes l'accusent de poursuivre la politique de répression de son prédécesseur José Eduardo dos Santos.

Militant de longue date de la cause du Cabinda libre, Jeovanny Ventura ne mâche pas ses mots. « Ce que l’État angolais nous fait subir, c’est de la persécution. Les autorités nous traitent comme des terroristes », affirme-t-il. « Et ça ne s’est pas amélioré avec Joao Lourenço. Tout ce que l’on organise se termine toujours en détention. »

En janvier dernier, quelque 70 partisans du Mouvement indépendantiste du Cabinda (MIC) ont ainsi été arrêtés alors qu’ils préparaient une manifestation pour célébrer un traité de 1885 qui a fait de l’entité cabindaise un protectorat portugais.

Né du partage colonial de l’Afrique, le Cabinda est un confetti coincé entre les deux Congo, tombé sous la souveraineté de l’Angola à son indépendance en 1975.

Depuis plus de quarante ans, le Front de libération de l’enclave du Cabinda (Flec) y mène la guérilla contre le pouvoir central angolais, qui a déployé sur les 7 000 km2 du territoire des milliers de policiers et soldats.

Le dernier coup d’éclat des séparatistes remonte à 2010, quand ils ont mitraillé un bus de l’équipe de football du Togo lors de la Coupe d’Afrique des nations (CAN). L’attaque avait fait 2 morts.

Riche en pétrole

L’instabilité politique n’a pas cessé depuis. Amnesty International et Human Rights Watch (HRW) y dénoncent régulièrement détentions arbitraires et torture.

« Contrairement à d’autres régions d’Angola où on a constaté des progrès en matière de liberté d’expression » depuis l’arrivée au pouvoir de João Lourenço, la situation à Cabinda « reste tendue », constate Zenaida Machado de HRW.


>>> À LIRE – Angola : comment Lourenço a pris (tout) le pouvoir


« Les militants ne peuvent pas profiter de leurs droits politiques parce que les autorités les voient comme une menace », ajoute-t-elle, « pas un mois ne s’écoule sans détention arbitraire, le droit de manifester est un mirage ».

La présence au large des côtes du Cabinda d’importants gisements de pétrole explique l’intérêt de l’Angola pour sa province la plus septentrionale. Elle fournit 60% du volume d’or noir de l’Angola, deuxième producteur d’Afrique subsaharienne.

Mais ses quelque 400 000 habitants n’ont pas beaucoup vu la couleur verte des pétrodollars. « La population du Cabinda n’a jamais bénéficié de son pétrole », dénonce l’avocat indépendantiste Arao Bula Tempo. « Le taux de chômage atteint 88% et les seules infrastructures qui existent datent de la colonisation. L’Angola ne fait rien ici. »

Manque d’infrastructures

Dès la sortie de l’aéroport de la capitale Cabinda, l’état des routes en dit plus que beaucoup de discours. Faute d’écoulement, elles sont inondées au moindre orage. En ville, de nombreux quartiers sont privés d’électricité, d’eau courante et d’assainissement.

En novembre, João Lourenço a présidé à Cabinda une réunion décentralisée du conseil des ministres. « Je vais personnellement suivre tous les projets de Cabinda afin de pouvoir, dans les années à venir, améliorer la situation », a-t-il promis. Mais selon ses habitants, ce ne furent que de belles paroles.

« Le gouvernement nous promet régulièrement de nouvelles infrastructures mais ce ne sont que des mensonges », accuse à son tour Carlos Vemba, le secrétaire général du MIC. « La lutte continue », poursuit-il, « nous allons tout faire pour (…) défendre notre indépendance ».

Pour Carlos Vemba et ses militants, la « lutte » est passée par la case prison. Deux semaines pour lui. Jusqu’à trois mois pour une quarantaine d’autres, finalement libérés sans la moindre charge.

« Colonisation angolaise »

« La situation politique est catastrophique parce que le gouvernement angolais ne veut pas nous parler », regrette Alexandre Kwang N’sito, de l’Association pour le développement de la culture et des droits de l’homme (ADCDH).

« Je dialogue avec tous les partis d’opposition », rétorque le gouverneur de la province, Eugenio Laborinho. « La situation est calme et sous contrôle », poursuit-il. « Il y a bien un peu d’agitation sociale autour du chômage mais c’est tout. Tout le monde dit Flec, Flec, Flec, mais moi je ne l’ai jamais vu ».

Le Front affirme régulièrement tuer des soldats lors d’embuscades que les autorités de Luanda s’appliquent à ne jamais confirmer, rendant toute vérification quasi impossible. Ces dernières années toutefois, les communiqués de victoire du Flec se sont fait plus rares.

« Notre volonté de défendre le Cabinda contre la colonisation angolaise est intacte », assure le porte-parole du Flec, Jean-Claude Nitza. « Nous sommes ouverts au dialogue mais le gouvernement de Luanda ne veut pas négocier une solution qui l’obligerait à reconnaître les droits du peuple de Cabinda ».

En dernier recours, le Flec vient de demander la médiation du président de la RDC voisine, Félix Tshisekedi. Sa proposition n’a, à ce jour, pas reçu de réponse, ni à Kinshasa ni à Luanda.


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Le Franco-Algérien Akli Tadjer, auteur de « Qui n’est pas raciste, ici ? ». © DR

Dans son dernier ouvrage, « Qui n’est pas raciste, ici ? », le Franco-Algérien Akli Tadjer revient sur sa rencontre avec une classe qui avait refusé, par xénophobie, de lire son roman « Le Porteur de cartable ».

L’affaire Akli Tadjer a secoué les réseaux sociaux, puis les médias en novembre 2018. L’écrivain franco-algérien avait alors partagé un e-mail envoyé par la professeure de français d’un lycée professionnel de la Somme (nord de la France) où elle mentionnait la collection de remarques racistes de ses élèves, qui refusaient de lire Le Porteur de cartable.

« Qui n’est pas raciste, ici ? » est la première phrase qu’il a adressée à la classe, et c’est le titre de ce livre, court et pédagogique, qui relate cet épisode. « J’avais besoin de laisser une trace de cette aventure, mais j’ai décrit une classe fictive pour ne pas stigmatiser le lycée, explique l’auteur. J’ai d’ailleurs ajouté des questions sur le racisme qu’on m’avait posées dans d’autres établissements. Je trouve important que l’on sache que certains lycéens français peuvent refuser de lire un livre parce que le nom de l’auteur leur déplaît. C’est très choquant. »

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Raphaël Glucksmann tête de la liste PS/Place Publique aux européennes lors d'un meeting à Rennes. © David Vincent/AP/SIPA

En pleine campagne pour les européennes, d'anciens ministres de François Mitterrand ont saisi le patron du Parti socialiste pour réclamer des sanctions à l'encontre de Raphäel Glucksmann, qui conduit une liste estampillée PS. En cause, ses critiques à l'égard de l'ancien président français, qu'il accuse d'avoir « porté de la manière la plus abjecte la politique de la France au Rwanda ».

À dix jours des élections européennes, qui se tiennent le 26 mai, le génocide des Tutsi du Rwanda, dont on commémore depuis le 7 avril le 25e anniversaire, s’est invité dans la campagne. Et plus précisément au sein du Parti socialiste, au sein duquel la politique de François Mitterrand au Rwanda fait toujours l’objet de nombreuses crispations.

Dans un courrier adressé le 9 mai au premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, plusieurs anciens ministres socialistes de l’ère Mitterrand dénoncent les prises de positions de Raphaël Glucksmann, tête de liste PS et Place Publique (son mouvement politique) pour les élections européennes, qui déclarait, en janvier dans une interview accordée au Monde, que « François Mitterrand a porté de la manière la plus radicale et la plus abjecte la politique de la France au Rwanda ».

Hubert Védrine et Paul Quilès à la manœuvre

Parmi les signataires, Hubert Védrine, ex-secrétaire général de l’Élysée sous François Mitterrand et président de l’Institut François Mitterrand qui abrite les documents relatifs à la présidence de ce dernier, Roland Dumas, ancien ministre des Affaires étrangère (1988-1993), ou encore Paul Quilès, qui a présidé en 1998 la mission d’information parlementaire chargée d’examiner le rôle de la France au Rwanda, avant, pendant et après le génocide. Ce courrier, révélé par Le Figaro et le Canard Enchaîné, fait suite à une première missive datée du 12 avril, initiée cette fois par Paul Quilès et Hubert Védrine, un des plus ardents défenseurs de la politique de François Mitterrand au Rwanda.

La lettre des anciens ministres rappelle un autre épisode qui s’est déroulé en marge d’un meeting le 6 avril à Toulouse. L’essayiste français, répondait alors à la circonspection de certains membres du PS, surpris de ne pas l’avoir entendu mentionner François Mitterrand parmi les principaux inspirateurs du PS. Glucksmann aurait, selon la lettre, motivé cet oubli en accusant François Mitterrand d’être « complice du génocide au Rwanda ». Sans se désavouer, il a également affirmé début mai que « la France a armé, soutenu financièrement et politiquement les génocidaires ».

« Comment peut-on porter un tel jugement, alors que la France a été (…) le seul pays, dès le feu vert donné par l’ONU, à mener une opération humanitaire en 1994, pendant le génocide, pour sauve des vies, pendant que le monde entier restait indifférent ? », s’insurgent les anciens ministres français, en référence à l’opération Turquoise dont les motivations sont toujours au cœur d’une importante controverse aujourd’hui.

Si la politique française au Rwanda « peut être critiquée », estime les anciens ministres « rien, absolument rien, ne peut justifier les accusations de ‘complicité de génocide’ relayées par Raphaël Glucksmann, alors qu’il s’exprime aujourd’hui au nom des socialistes », poursuivent-ils demandant à Olivier Faure « de convaincre Raphaël Glucksmann de retirer ses insultes et accusations infondées envers François Mitterrand », et « en cas de refus » qu’il « trouve les formes appropriées pour désavouer ses propos ».

Les tiraillements au PS sur le rôle de la France au Rwanda

L’engagement de Raphaël Glucksmann sur la question du génocide de Tutsi du Rwanda n’est pourtant pas nouveau puisqu’il est, aux côtés de David Hazan et Pierre Mezerette, un des réalisateurs du documentaire Tuez-les tous qui, en 2004, remettait déjà en cause le rôle obscur de la France de François Mitterrand. Une position qu’il a depuis maintenu, n’hésitant pas à remettre en cause le rôle de certains personnages clés de l’époque comme Hubert Védrine.

Une commission d’historiens, mise en place le 5 avril par Emmanuel Macron et chargée d’étudier les archives relatives à la période 1990-1994, doit désormais faire la lumière sur la politique française sur cette période.

Le rapport du Parti socialiste français avec cette partie de son histoire donne régulièrement lieu à des tiraillements internes. Peu avant le début des commémorations où Emmanuel Macron avait été invité à se rendre avant de se faire représenter par le député Hervé Berville, le premier secrétaire du PS avait refusé d’apposer sa signature au bas d’une lettre ouverte publiée dans plusieurs quotidien dont Le Monde. Le texte enjoignait le président français à « tenir un discours de vérité » sur le rôle de la France dans le génocide des Tutsi.

Dans un courrier électronique adressé le 15 mars à l’un des instigateurs de cette tribune, Benjamin Abtan, président d’EGAM et ancien conseiller de Bernard Kouchner, que Jeune Afrique a pu consulter, le patron des socialistes avait motivé ce refus expliquant d’entrée que « la position du PS sur le génocide rwandais contre les Tutsis n’a jamais fait l’unanimité quant à la manière de traiter la question des responsabilités. »

« J’observe un biais souvent répété depuis 25 ans : la France serait coupable du déclenchement du génocide au niveau exclusif du sommet de l’État tandis que serait exclue la complicité d’acteurs depuis lors au pouvoir et qui précisément instrumentalisent le génocide pour consolider leur dictature », avait-il poursuivi dans le courrier, assurant de pas vouloir valider « une réconciliation qui s’effectue notamment au détriment de la Francophonie, sans compter qu’elle validerait la politique d’un régime profondément autoritaire qui tue et emprisonne ses opposants ».


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Des policiers ivoiriens, le 22 octobre 2015 à Abidjan, en Côte d'Ivoire. Photo d'illustration. © Schalk van Zuydam/AP/SIPA

Trois personnes ont été tuées et une quarantaine d'autres blessées dans des affrontement intercommunautaires à Béoumi, près de Bouaké. Une simple altercation entre deux hommes a provoqué l'escalade de violences, ravivant des tensions déjà observées lors des dernières élections. Un couvre-feu a été instauré de 18 h à 6 h du matin.

La nuit de jeudi a vendredi a été calme à Béoumi, après deux jours d’affrontements intercommunautaires durant lesquels trois personnes ont été tuées et une quarantaine d’autres blessées, parmi lesquels des policiers touchés par des balles de fusil artisanal. Un couvre-feu avait été instauré de 18 h à 6 h du matin et des renforts venus de Bouaké, Yamoussoukro et Abidjan ont été déployés. Toute la nuit, policiers et gendarmes, appuyés par des soldats dépêchés depuis la ville voisine de Bouaké, ont sillonné les quartiers et certains villages de la commune, en vue de mettre aux arrêts d’éventuels fauteurs de troubles et de faire la chasse aux éventuels pilleurs.

Tensions économiques et politiques

Selon Jean-Marc Kouassi, le maire de Béoumi, tout est parti d’une violente altercation entre un conducteur de « moto-taxi » et un chauffeur de véhicule de transport en commun, issus de communautés différentes : baoulé et malinké. Les deux hommes se sont battus, et le premier protagoniste a été admis en urgence à l’hôpital de la ville, et la rumeur de sa mort a rapidement couru en ville.

Il n’en a pas fallu plus pour raviver des tensions latentes et entraîner la ville dans une spirale de violences. Pendant deux jours, des jeunes des deux communautés se sont violemment affrontés, s’en prenant par ailleurs aux forces de l’ordre qui tentaient de s’interposer.

« Depuis les dernières élections, la tension règne, on ne peut pas se le cacher. Lors des élections, il y a eu des affrontements », relève Jean-Marc Kouassi, maire indépendant rallié au Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI d’Henri Konan Bédié). Lors des municipales d’octobre 2018, des violences avaient éclaté entre des membres des communautés baoulé – réputée acquise au PDCI -, et malinké – réputée proche Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP, d’Alassane Ouattara).


Pour visionner la carte, cliquez ici.

Au-delà de ces tensions politiques, les crispations entre les deux communautés reposent également sur des questions économiques, des épisodes de violences surgissant autour de problématiques économiques et foncières.

En octobre 2018, des affrontements entre communautés baoulé et malinké avaient ainsi éclaté à Marabadiassa, une ville voisine de Béoumi. Au cœur de la querelle, un conflit de délimitation foncière entre deux villages – l’un baoulé, l’autre malinké -, de cette petite sous-préfecture située entre le centre baoulé et le nord malinké. La crise avait alors été réglée par les autorités administratives.

Autre point de crispation, le transport. « Il y a une sorte de répartition des rôles dans le secteur du transport entre Baoulés et Malinkés, confie un officier en poste à Béoumi depuis plusieurs années. Jusque-là, le transport à Béoumi était contrôlé par des Malinké. Depuis quelque temps, des jeunes autochtones baoulé s’adonnent à cette activité et cela est source de tension. Le feu couvait ».


>>> À LIRE – Côte d’Ivoire : le meurtre d’une jeune femme ravive les tensions communautaires


Des violences récurrentes

Les tensions intercommunautaires sont récurrentes en Côte d’Ivoire. Aucune région n’est épargnée. En sept ans, vingt-sept attaques de locaux de préfectures et de sous-préfectures ont été comptabilisées de source officielle dans des épisodes d’émeutes. Les derniers affrontements de ce type ont éclaté à Zikisso, dans le centre-ouest du pays. Ils ont opposé des membres des communautés locales dida et malinké.

En février, une étude menée par une équipe de sociologues et des criminologues, commandée par le Conseil national de sécurité (CNS), dépendant de la présidence ivoirienne, avait conclu à une profonde crise de confiance entre l’administration et les administrés. « Les populations qui n’ont plus confiance dans les autorités veulent elles-mêmes régler leurs comptes, ce qui peut conduire à des actes de violences », explique le sociologue Ange Dago.

Pour tenter de résorber les crises communautaires, un secrétariat d’État chargé du service civique a été créé par le président Alassane Ouattara en juillet 2018. Le détail de la stratégie nationale du service civique et sa mise en oeuvre, annoncée par le secrétaire d’État Siaka Ouattara, est toujours attendue.


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À l’occasion de la Biennale de Venise est exposée l’épave d’un chalutier qui sombra avec des centaines de migrants. L'installation suscite des réactions contradictoires…

18 avril 2015. Conçu pour transporter une vingtaine de passagers, un bateau de pêche se trouve en détresse dans le canal de Sicile avec, à son bord, 700 à 1000 Subsahariens. L’embarcation chavire. Venu à la rescousse, un navire marchand portugais ne pourra repêcher que 28 survivants. Le drame sera présenté comme le pire naufrage en Méditerranée.

6 mai 2019. À l’occasion de la 58e Biennale d’art contemporain de Venise, l’artiste suisso-islandais Christoph Büchel dispose, sur l’un des quais de l’Arsenal, la carcasse du bateau éventré et rouillé, sans la moindre scénographie et avec pour seul attaché de presse la rumeur.

« Invitation au silence » et réactions épidermiques

Barca Nostra, le navire dont le naufrage a causé la mort de plus de 700 personnes tentant de rejoindre l'Europe, en 2015, est devenu une oeuvre d'art à la biennale de Venise. © Antonio Calanni/AP/SIPA

Répondre à l’ignominie en « organisant » plus d’ignominies encore

Entouré d’un grand secret et présenté sans notice explicative, “Barca nostra” (« Notre bateau ») interloque les passants. Les 50 tonnes et 22,5 mètres de gravité glaçante finissent par susciter quelques exégèses « autorisées ». Pour les organisateurs de la Biennale de Venise, l’installation est « une invitation au silence », une sorte de convocation au recueillement, l’écho à une tragédie dont la relique d’acier rend hommage aux chairs dispersées non seulement en mer mais aussi dans la mémoire sélective d’un régime italien actuel hostile à des migrations jugées massives…

La présence de la carcasse suscite rapidement de nombreuses réactions épidermiques, certains twittos évoquant de « l’indécence » ou une démarche « insupportable », tandis que d’autres témoignent de leur « haut-le-cœur ». Dans une réflexion plus intellectualisée, une historienne des mouvements sociaux décrit un « cynisme érigé en art contemporain ». Une internaute surenchérit en affirmant que l’exposition « prétend répondre à l’ignominie en « organisant » plus d’ignominies encore ».


>>> À LIRE – Migrants en Méditerranée : le casse-tête du redécoupage des eaux


Sans doute deux questions de fond méritent-elles d’être posées. Primo, cette présentation de l’épave constitue-t-elle une œuvre d’art ? Si la coque n’a pas été retouchée et que l’objet ne peut donc être considérée comme une création, son installation dans un contexte nouveau peut être envisagée comme une démarche artistique. La biennale étant dédiée à l’art contemporain, il est aisé de convoquer l’urinoir dont Marcel Duchamp avait bouleversé l’identité – et donc le sens – en le plaçant au beau milieu d’un musée.

Art, politique et selfies d’instagrammeurs benêts

Si les goûts et les couleurs ne se discutent guère, une seconde question s’impose, dans le cas de « Barca nostra », tant le caractère provocant de l’exhibition d’un tombeau maritime est indubitable : est-il utile de provoquer, dans ce genre de contexte et sur ce genre de sujet ?


>>> À LIRE – [Infographie] Libye : les nouvelles routes privilégiées par les migrants africains


Sans doute rien n’est-il plus différent d’un artiste marginal qu’un politicien en quête de consensus. Or, Matteo Renzi, président du Conseil italien à l’époque du naufrage, avait lui-même fait renflouer le chalutier, avec la menace de l’exposer devant le siège d’une Commission européenne bruxelloise jugée inattentive aux tragédies de la Méditerranée. La confrontation à un objet non-fictionnel choquant tisserait un lien salutaire entre le témoignage muet et l’hommage pudique.

Pour Christophe Büchel, profiter de l’art – même sans en faire – vaudrait le coup. Déjà à Venise, il avait transformé en mosquée une église déconsacrée. Pense-t-il, cette fois, avoir sensibilisé suffisamment ? En attendant, les instagrameurs se succèdent pour prendre des selfies benêts devant « Barca nostra ».


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Le président burundais Pierre Nkurunziza à Bujumbura, le 17 mai 2015 © Jerome Delay/AP/SIPA

Le président de la Cour Suprême et le procureur général de la République burundaise ont annoncé la saisie des biens d'opposants en exil et de militaires condamnés pour complicité dans la tentative de coup d'État des 13 et 14 mai 2015.

Quasiment quatre ans jour pour jour après la tentative de putsch de 2015, la justice burundaise a ordonné le 15 mai « la saisie des biens meubles et immeubles se trouvant sur le territoire » appartenant à 32 personnalités, parmi lesquels des militaires ainsi que plusieurs activistes et opposants en exil hostiles au troisième mandat du président Pierre Nkurunziza, afin que ceux-ci soient « exploités par l’État ».

Opposants, militaires et journalistes

Le général Niyombare, du temps de son appartenance à la nomenklatura militaire, à Bujumbura en août 2012. © Martina Bacigalupo pour JA

Ancien chef des renseignements, le général Godefroid Niyombare figure en tête de la liste publiée par le ministère de la Justice

Le général Godefroid Niyombare figure en tête de la liste publiée par le ministère de la Justice. Ancien chef des renseignements, premier chef d’état-major hutu de l’armée burundaise aujourd’hui en exil, il a été l’un des instigateurs du coup d’État contre Pierre Nkurunziza qui briguait à l’époque un troisième mandat controversé.


>>> À LIRE – « Pourquoi nous avons décidé de passer à l’action » : Godefroid Niyombare livre sa version du coup d’État de 2015 au Burundi


On distingue aussi parmi les personnalités visées des opposants politiques comme Jean Minani un des leaders du Cnared, plateforme d’opposition en exil et Alexis Sinduhije, leader du Mouvement pour la solidarité et la démocratie (MSD), que Bujumbura soupçonne d’être à la tête d’une rébellion armée. Tous font l’objet d’accusation de « complicité » dans le putsch de mai 2015. Contacté par Jeune Afrique, le ministère de la Justice n’a pas répondu à nos sollicitations.

L’investiture le 25 avril 2015 de Pierre Nkurunziza comme candidat du CNDD-FDD pour un troisième mandat à la tête du Burundi avait déclenché une vague de protestation dans le pays. Plusieurs rassemblements d’ampleur avaient alors débuté dans la capitale Bujumbura avant d’être violemment réprimés.

Les violences et la répression qui ont accompagné la crise post-électorale auraient fait au moins 1 200 morts et déplacé plus de 400 000 personnes entre avril 2015 et mai 2017, d’après les estimations de la Cour pénale internationale, qui avait ouvert une enquête sur les crimes commis pendant cette période.

2020 en ligne de mire

Pierre Nkurunziza, le président burundais, lors du lancement de la campagne pour le "Oui" au référendum constitutionnel lancé par le CNDD-FDD (au pouvoir), le 2 mai 2018 à Bugendana, dans la province de Gitega. © STR/AP/SIPA

Le pouvoir souhaite légitimer son action en continuant sa répression contre ceux qu’il accuse d’avoir collaboré avec les putschistes

« Ce n’est pas un hasard si le timing de l’annonce colle avec l’anniversaire du putsch de 2015. Le pouvoir souhaite légitimer son action en continuant sa répression contre ceux qu’il accuse d’avoir collaboré avec les putschistes et d’avoir déstabiliser le pays, il ne faut pas se leurrer derrière ce zèle il y a aussi une logique électoral », estime Innocent Muhozi, patron de Radio-Télé Renaissance qui émet depuis Kigali au Rwanda et figure lui aussi sur la liste, aux côté d’autres journalistes de médias indépendants en exil à l’image de Bob Rugurika de la RPA.

« Nous avons déjà dû nous exiler, qu’est ce que la saisie du peu de biens qui nous restent au Burundi peut faire de plus ? », s’interroge pour sa par Alexis Sinduhije qui voit lui aussi dans cette démarche une logique électorale.

Pierre Nkurunziza, qui avait repris la main de justesse après la tentative du putsch qui s’était déroulé alors qu’il se trouvait à Arusha pour un sommet régional sur la crise burundaise, a depuis raffermi son pouvoir avec le vote en faveur d’une modification de la Constitution en mai 2018. Le texte fondamental l’autorise dans les faits à briguer deux septennats à partir de 2020, mais le président a assuré qu’il ne comptait pas se présenter à nouveau.

Une opposition en exil, mais toujours active

Toujours en exil, une importante partie de l’opposition n’en reste pas moins active en vue de la présidentielle 2020. Réunie les 3 et 4 mai derniers à Kampala à l’initiative de l’ONG finlandaise CMI – Peace broker, des représentants de partis d’opposition internes et externes ont échangé sur les futurs échéances électorales et l’avenir du dialogue inter-burundais, au point mort depuis l’échec du cinquième round des discussion en octobre 2018.

Les participants à la réunion ont adressé une lettre au président ougandais Yoweri Museveni, médiateur dans la crise burundaise, pour lui demander l’organisation d’une nouvelle session de dialogue.

L’idée d’un candidature unique circule dans les rangs de l’opposition, mais certains membres ne cachent pas leur scepticisme. « Il sera très compliqué de parvenir à un compromis », assure le leader d’un parti d’opposition en exil à Jeune Afrique, sous couvert d’anonymat.

Dans le même temps, la principale force d’opposition interne, le Congrès national pour la liberté d’Agathon Rwasa, continue de tenter d’organiser son nouveau parti autorisé en février dernier, mais accuse le pouvoir de mener une importante répression contre son mouvement.


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Des manifestants portent un drapeau algérien géant lors d'une manifestation à Bordj Bou Arreridj, à l'est d'Alger, le vendredi 26 avril 2019. © Toufik Doudou/AP/SIPA

À la Une du numéro 83 du bimestriel « La Revue », en vente dans les kiosques, un dossier spécial sur l’acte II de l'indépendance algérienne, une enquête sur les femmes russes auxquelles Vladimir Poutine a donné le pouvoir, ou encore le récit de Kamal Redouani, journaliste en infiltration dans des groupes jihadistes.

L’Algérie s’est mise en mouvement il y a plus de trois mois. Où en est-elle ? Où va-t-elle ? Le pays s’est-il réellement engagé dans l’acte II de son indépendance ? Les 15 pages de notre dossier vous apporteront des éléments de réponse.

Renaud de Rochebrune décrypte « l’ADN du régime ». Le destin du pays restera marqué par le rôle majeur que se sont octroyé les militaires. L’armée fait partie du « système Bouteflika » tant décrié.

Découvrir le classement 2019 des 100 africains les plus influents

Dans un entretien au long cours, l’auteure algérienne Maïssa Bey revient sur la révolte du peuple, exaspéré par un sentiment pesant d’humiliation. Enfin, Béchir Ben Yahmed livre un éditorial reprenant point par point les enjeux de l’acte II de cette nouvelle indépendance algérienne, qui gage sur l’avenir, à la lumière du passé de ce « jeune pays ».

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